

Anne Durand est architecte urbaniste, Astrid Verspieren est paysagiste. Ensemble, elles ont décidé d’aborder la ville autrement en s’interrogeant sur la perception des habitants : comment les villes contemporaines sont-elles ressenties et parcourues, par leurs usagers?
A la recherche de réponses, elles créent Jeu de Ville, un processus créatif et ludique.
Parties jouer dans les villes de Tokyo et de Flers, les infirmières urbaines se forgent petit à petit une nouvelle culture urbaine grâce aux regards des usagers. Deux échelles, deux cultures contrastées mais qui ont à chaque fois permis d’interroger le territoire à travers des expériences sensorielles.
Ces aventures révélent une perception non universelle, liée aux expériences de chacun, à l’humeur, aux envies, à la culture et à l’éducation. Un même lieu n’évoque pas le même ressenti pour tous. Un espace ouvert pour l’un, peut être compact pour l’autre. La perception est une notion qui renvoie à de nombreuses contradictions. Elle est à la fois collective et individuelle, à la fois universelle et unique.
Le temps d’un voyage dans une ville est souvent trop court pour les voyageurs du 21ème siècle que nous sommes : les 36 usagers rencontrés sont des accélérateurs de pensée. Ils nous aident à décrypter la ville à travers le prisme des mots.
La destination est appréhendée et arpentée avec le filtre de l'échantillon, omniprésent dans notre mémoire. Il est le "fantôme perceptif" qui hante le site. Un transfert de l'échantillon avec les infirmières urbaines est réalisé sur la destination afin de figer ce moment ensemble sur le lieu.
Après une première partie de jeu dans la mégalopole asiatique de Tokyo, 2187 km2, Anne et Astrid ont choisi la petite ville de Flers, 21 km2, pour jouer. Sans transition, les infirmières urbaines changent d’échelle et de culture mais conservent leurs blouses blanches.
Vous êtes les joueurs. Choisissez un lieu sur la carte de Paris et collez lui l’un de ces six mots : sombre, compact, silencieux, lumineux, bruyant, vide. Vous avez identifié la qualité perceptive qui correspond pour vous à cet espace. Au fur et à mesure grâce à l’accumulation de vos perceptions l’image de la cartographie change, elle se transforme en un Paris de la perception.